jeudi 27 juillet 2017

Belley : vues insolites de la cathédrale


Arcs-boutants et pinacles mais, singularité de cette façade nord-est : la tour est trouée de meurtrières qui éclairent l’escalier qui conduit au triforium (galerie intérieure périphérique située à hauteur du grand orgue).

Raison d’être des arcs-boutants et contreforts qui assure l’équilibre des voûtes sur croisée d’ogives montées sur les piliers.

Meuble qui tapisse la sacristie reconstruite en 1859

Cet escalier à vis, en pierre, monte dans le clocher vers la plate forme où se trouvent les grandes orgues. Les fondations creusées en 1835, profondes de 6 m. afin de traverser les couches de glaise plus ou moins mouvantes. Elles mirent à jour les restes d’un ancien cimetière.

Dans son plus grand axe la cathédrale mesure 78,40 m. et 32,10 m. au niveau du transept dans sa plus grande largeur, la hauteur sous voûte est de 16 m. Les plus gros piliers ont 2,50 m. à la base.

Voûtes en arc brisé de style ogival peintes de ciels bleus agrémentés d’étoiles. Cette décoration datée de 1875 a été réalisée par le peintre Marinelli. La balustrade ajourée du triforium fait place à un muret plein à la sortie des transepts.Au fond l’orgue d’Aristide Cavaillé-Coll, inauguré en 1860, n’a été transporté qu’en 1875 sur la tribune où il se trouve actuellement.

Sous les rosaces du transept « Capitulum ecclessia Bellicensis » armes du chapitre cathédral représentant une main bénissant rappelant ainsi la possession de la relique des os d’une main de Saint Jean-Baptiste. Ce motif se retrouve sur les méreaux (jetons de présence des chanoines).

Un escalier de bois pour accéder à la plateforme du sommet du clocher.

Clocheton de la tour sommitale composés de statues en pierre au nombre de 24 représentants entre autres des évêques du diocèse de Belley dont Audax premier évêque à l’existence contestée, Bernard de Portes et Ponce du Balmay issus des chartreux, Jean-Pierre Camus écrivain-évêque, Cortois de Quincey le bâtisseur de l’actuel palais épiscopal etc.




dimanche 5 mars 2017

Hector Collet-Meygret : un Bugiste directeur général de la Sûreté Publique sous le second Empire

Le 25 octobre 1816, le médecin principal des armées Guillaume Collet-Meygret, déclare la naissance à La Burbanche de jumeaux, Hector et Hectorine.
Les parents Guillaume et Pierrette sont des notables. La famille Collet, originaire d’Hauteville, s’est enrichie dans le commerce du bois. Côté maternel, Marin Genand devenu seigneur de La Burbanche après avoir acheté le prieuré en 1772, est le père de Pierrette qui vient de donner le jour aux jumeaux.

La prime jeunesse d’Hector se passe sans doute à La Burbanche, puis il se dirige rapidement vers des études de médecine.
En 1842 il épouse sa petite cousine Louise Meygret-Collet et entre dans l’administration préfectorale (Lyon, Béziers, Saint-Etienne avant d’être nommé préfet de l’Aube).
Il hésite entre une carrière parlementaire et une carrière administrative.
A la mort de son père il revient à La Burbanche. Il se fait élire conseiller d’arrondissement et maire mais ses ambitions ne sont pas là.
Il avait su se glisser dans l’entourage du prince-président Louis Napoléon Bonaparte et en 1854 la direction générale de la Sûreté Publique lui est confiée.

Louise, son épouse, a apporté dans sa corbeille de mariage les terres de Cerveyrieu que l’aïeul Guillaume Collet d’Hauteville a achetées lors de la vente des biens nationaux. Cette propriété est détenue, avant la Révolution, par François-Louis de Leysin seigneur de Luyrieux qui émigre à cette époque.
L’histoire, ou la légende, dit que le chevalier de Luyrieux, vers 975, chasse les sarrasins de Fierloz et de Cerveyrieu et reçoit du comte de Genève la seigneurie de Cerveyrieu.
Vers 1850 Hector Collet embellit les lieux. Déplaçant des maisons, faisant dévier le tracé de la voie ferrée afin de ne pas être importuné, il y fait édifier le bâtiment que l’on connaît aujourd’hui.

En 1870 l’Empire s’écroule entraînant Hector Collet-Meygret.
Il se lance dans les affaires avec insuccès.
Directeur de la « Compagnie Financière et Industrielle des Ports, Débarcadère maritime et Terrains de Cadix », il est incarcéré à la Conciergerie pour malversation, puis gracié en 1874.
Il sera alors contraint de vendre Cerveyrieu.

Décédé en 1876 il est inhumé dans le cimetière de La Burbanche dans le carré cédé par la commune en 1853 à Pierrette Genand Veuve Collet-Meygret qui avait fait don du terrain sur lequel est construite la nouvelle église.

Pour plus d’informations consulter à la bibliothèque d’ABIS, l’ouvrage de Jean Laroze « Le Destin tourmenté de Hector Collet-Meygret (1816-1876) », ainsi que « Artemare aux temps anciens » de Louis Berthelon.

Jean-Claude Vallet

dimanche 29 janvier 2017

La croix du Grand Colombier

La première croix du Grand Colombier, en bois, est inaugurée en grande pompe le 13 septembre 1891 par Mgr Luçon, évêque de Belley.
Elle fait la fierté des habitants du Valromey et devient un lieu d’excursion et de rendez-vous.
A la stupeur générale, le 19 janvier 1914, on retrouve la croix en morceaux, gisant dans la neige victime d’un incompréhensible acte de vandalisme.

Après la guerre, une souscription publique est lancée pour la construction d’une croix métallique de 16 mètres de hauteur.
Le 29 mai 1920,commence la longue montée des éléments de la nouvelle croix.
Il faut six voyages pour transporter la totalité des poutrelles au sommet du Grand Colombier.
Les éléments sont assemblés sur un socle de béton, de nouveau une croix domine le Grand Mollard.
La bénédiction par Mgr. Manier a lieu le 5 septembre 1920.
1923, la croix est victime d’une tempête et s’écroule à nouveau.
Elle est démontée, réparée et remise sur son socle.
Cette fois elle est solidement haubanée. On profite de l’opération pour enlever les pointes pyramidales.
Usure ou malveillance ? Toujours est-il, qu’en décembre 1966 une violente tempête de neige détruit la croix érigée 46 ans plus tôt.
Le maire de Virieu-le-Petit, Georges Lecestre, recherche désespérément des financiers pour la construction d’une nouvelle croix.
Finalement c’est le fabriquant de pneus « Firestone » qui finance la croix.
Les établissements Ramel de Belley réalisent les divers éléments ; l’entreprise Favre d’Andert-Condon assemble et dresse la nouvelle croix de cinq tonnes au sommet du Grand Colombier.
Les travaux sont achevés en août 1968.
En mai 1978 un détachement du 99e R.I.A. repeint entièrement la croix.

En 1910 l’écrivain Maurice Renard publie un roman de science-fiction intitulé « le péril bleu ».
L’intrigue se déroule au pied du Valromey et la croix du Grand Colombier y joue un rôle important.
(Voir l'article sur Maurice Renard)
Commentaires, corrections et informations sont les bienvenus.

Christian Perrais