vendredi 7 septembre 2018

ABIS visite de Vieu-en-Valromey


L’Office de Tourisme Bugey Sud Grand Colombier ajoute à son offre de visites guidées celle du site historique de Vieu-en-Valromey.
En prémices, Florence-Audrey Bourgeat, guide de l’Office de Tourisme, a donné rendez-vous aux membres d’ABIS, avec qui elle a préparé ce parcours. 
 

Départ depuis le hameau de Chongnes, où se trouve la mairie-école de Vieu, école qui a son histoire puisque c’est un "coup de pouce" de l’impératrice Eugénie de Montijo, épouse de Napoléon III, qui facilita sa construction en 1867.


A Chongnes toujours, la fontaine de L’Adoue.
Celle-ci est l’aboutissement de l’aqueduc romain qui traverse le village de Vieu.
Exploré dès 1869, il est obstrué, sa largeur et hauteur moyennes sont de 60 cm et 1,15 m.
La fontaine romaine a été détruite au XIXe siècle, une statue de la vierge à l’enfant du sculpteur Centric surplombe désormais l’écoulement de cette source permanente.


Construite en 1670 en mémoire de la visite pastorale, à Vieu en 1605, de François de Sales évêque de Genève, la chapelle de L’Adoue - ou de Ladoue écrite de L’Adouz le 26/7/1790 sur l’état des biens ecclésiastiques de la paroisse de Vieu - est vendue à cette date comme bien national.
Convertie en remise et cellier durant 150 années elle n’est restaurée et rendue au culte qu’en 1947 (notre image). Un pèlerinage y a lieu le 15 août.


Le lieu a inspiré Paul Claudel qui a beaucoup séjourné au château d’Hostel (Belmont) tout proche, propriété de la famille de son épouse Reine Sainte Marie Perrin, dont le père, Louis fut avec Desjardins l’architecte de Fourvière. Desjardins s’intéressa aux fouilles de Vieu et en a laissé d’intéressants dessins.
Une plaque rappelle une phrase de L’annonce faite à Marie pièce de théâtre jouée dans le monde entier où l’héroïne Violaine est assimilée à la Vierge Marie.


Remontant vers le village de Vieu, nous rencontrons cette colonne romaine au milieu d’un champ, vestige des nombreuses découvertes (monnaies, tessons de poterie, tuiles, traces de thermes découvertes par l’abbé de Veyle vers 1720, ruines d’un temple dédié à Mithra etc.) pièces malheureusement dispersées en divers lieux.


Le chœur de l’église est construit en 1501 par les Montfalcon seigneur de Flaxieu, de la Balme (Linod hameau de Vieu) et des Terreaux, la partie romane date du XIIe.
Elle a été bâtie sur l’ancien vicus romain dont les restes sont omniprésents.


Hormis le remploi de dalles, de colonnes, l’intérieur de l’église recèle, entre autres, des boiseries du XVIIe, des fonts baptismaux, un autel en bois marqueté et des têtes médiévales composant les culots d’ogive.


Le calvaire inclus dans le mur du cimetière est un remploi des colonnes et autres pierres d’origine romaine. A noter qu’il s’agit d’un rare cimetière qui entoure encore l’église paroissiale.


La visite ne peut pas se terminer sans un coup d’œil à la gentilhommière d’Antelme* Brillat-Savarin. Sur cette propriété furent découverts : hypocaustes et divers mobiliers.
*Antelme orthographié ainsi sur le registre d’état-civil.

Visites organisées par l’Office de tourisme Bugey Sud Grand Colombier, toute l'année pour les groupes, sur réservation.
En savoir +
Contact : 04 79 81 29 06 / 04 79 87 51 04
groupes@bugeysud-tourisme.fr
www.bugeysud-tourisme.fr


dimanche 17 juin 2018

Carte archéologique de la Gaule, Ain


ABIS vient de se procurer la nouvelle édition de la Carte archéologique de la Gaule L’Ain rédigée par André Buisson. 400 pages contre 192 pour l’édition de 1990.
L’auteur fait l’inventaire exhaustif des découvertes archéologiques faites dans le département. La consultation est facilitée du fait que les communes sont classées dans l’ordre alphabétique et l’ouvrage s’est enrichi de nombreuses illustrations. Les communes de Belley (thermes) Beynost, Brégnier-Cordon, Briord, Izernore, Saint-Vulbas ont particulièrement bénéficié de cette nouvelle publication

Vue aérienne de la fouille des thermes de Belley - 2009 – On distingue les piles de l’hypocauste et les piscines


Mosaïques de l’ancienne église de Saint-Blaise (Virignin).

dimanche 18 mars 2018

Belley : le quartier de La Bouvardière



Un couvent devenu école (de la Vieille-porte) aujourd’hui démoli, un cimetière (de La
Bouvardière) remplacé par les HLM du même nom.
C’était autrefois le lieu-dit La Bouvardière.
Mais quelle est l’origine de ce nom ?


« En l’an 1270 et 1290 vivait Guy de Rossillon dit Bouvard… »

Cette page publiée en 1620 par Samuel Guichenon, historien de la Maison de Savoie, constitue le point de départ de l’histoire de ce quartier qui se précise ainsi : le 22 août 1622 Marguerite de Mouxy recherche à Belley un terrain pour construire le monastère des Visitandines.
« Le choix se porte sur l’emplacement de l’ancien château des Bouvard de Rossillon, qui, à cause d’eux, s’appelait au moyen-âge La Bouvardière ; la famille de Rossillon/Beauretour n’avait là plus qu’une médiocre maison, qui fut démolie, ainsi que celle qu’on nommait alors-la maison de Chatillon- du nom du propriétaire les Moyria/Chatillon » selon les propos de Marc de Seyssel.

Le sujet du couvent des Visitandines/école de Vieille-Porte a été traité dans un article de ce blog mais qu’en est-il du cimetière de La Bouvardière ?


Le cimetière de La Bouvardière avait été créé en 1780 et rasé en 1960. Les familles motivées et…aisées ont fait transférer les sépultures qui, à Musin pour la famille de Seyssel qui, au nouveau cimetière des Eplantaz pour ce gisant du vicaire général Ruivet né à Meximieux en 1767 mort à Belley en 1839. Une grille de fer forgé entourait le monument à La Bouvardière. D’autres retournèrent à l’anonymat même pour ceux qui marquèrent la petite histoire de Belley.


Exemple : Jules Charlet le dernier condamné à mort à avoir été guillotiné place des Terreaux à Belley, dont ni cette plaque ni le monument n’ont survécu à la pelle des démolisseurs bien qu’en 1891 le conseil municipal de Belley, présidé par le maire Charles Mante, ait attribué une concession perpétuelle pour la sépulture de ce pauvre jeune homme, 19 ans, victime assurément d’une erreur judiciaire .


Ce Belleysan parti jeune faire du commerce à Constantinople a laissé une trace en faisant construire, à Belley, une maison de style oriental, rue de Cordon (aujourd’hui de la République) dite alors « maison du Turc ».




lundi 1 janvier 2018

ABIS déménage

En 2011 la municipalité de Belley a logé ABIS 2 place Popiélusko, dans le cellier du chapitre cathédral. En effet, autrefois, les chanoines collectaient une part sur certaines récoltes à charge pour ceux-ci d’assurer « l’aide sociale : l’Aumône Générale », distribution de pain et parfois de lard aux nécessiteux. Cela se passait cour du chapitre aujourd’hui rue du Chapitre.

En 2018 la Municipalité regroupera les associations belleysannes rue Sainte-Marie dans l’ancien grand séminaire construit en 1932 (Maison Saint-Anthelme). ABIS occupera quatre cellules de séminaristes… démolies et rénovées par les apprentis du chantier-école de l’AFPA. Cette salle spacieuse et fonctionnelle permettra de mieux mettre en valeur les ouvrages et les cartes postales anciennes qui seront toujours libres à la consultation.

samedi 4 novembre 2017

Belley et le chemin de fer

Au XIXe siècle se développe un nouveau moyen de transport : le chemin de fer.
En 1856-1857 est construite la ligne de Lyon à Genève. En cette même année Victor-Emmanuel pose la première pierre du pont sur le Rhône, aboutissement de la voie des chemins de fer sardes (Mont-Cenis/Chambéry/Aix-les-Bains). En effet, la Savoie ne sera française qu’en 1860. Et la municipalité de Belley se préoccupe du rattachement de la Ville à la voie ferrée.

En 1864 le premier projet prévoit l’installation de la gare sur le mail au niveau de l’ancienne école de la Vieille Porte et une voie ferrée passant par le Bac, Contrevoz et rejoignant la ligne Lyon/Genève à Rossillon.
La liaison Belley /Culoz est envisagée, mais pour des raisons tant techniques que financières, c’est le projet Bachelier qui aura la préférence.

Le projet Bachelier d’une ligne Virieu-le-Grand-/Belley /Saint-André-le-Gaz est retenu. De multiples variantes là encore : le Rhône sera franchi à Cordon et non à Murs comme primitivement envisagé.
La demande des officiers du génie militaire, pour raison stratégique, de passer par la vallée du Gland est abandonnée car jugée trop onéreuse.
En 1870 la Compagnie Mangini, sollicitée, ne souhaite pas participer à la construction (dans le Bugey, Eugène Mangini construisit le sana éponyme à Hauteville) et c’est la Compagnie P.L.M. (Paris Lyon Méditerranée) qui sera choisie.

Le tronçon Virieu-le-Grand/Belley de la ligne à voie unique date de 1880. La première halte est à Pugieu.

La station de Bons à l’entrée nord du village est dotée d’un quai de marchandises car elle dessert, entre autres, l’importante minoterie de La Tour, aujourd’hui pisciculture.

Halte à Penaye avant de contourner le plateau de Léchaud.
Le contournement est nécessaire pour éviter une trop importante déclivité ce qui explique que la gare de Belley est excentrée par rapport à la ville.

Belley est une station de 1ère classe avec deux trottoirs de 100 mètres, des salles d’attente, des bureaux, un quai pour les marchandises avec un hangar de 12 mètres ainsi que trois voies de marchandises et une voie d’évitement.

La ligne sera ouverte aux voyageurs jusqu’en 1939.
Exceptionnellement, la gare de Belley accueille des voyageurs. Ainsi, en septembre 1963 Charles de Gaulle, arrivé par la route, a quitté la ville par autorail.

Un service d’omnibus entre la gare et la ville et vice-versa est mis en place pour les besoins exclusifs de l’hôtel Camus puis de l’hôtel Pernollet par contrat du 26/9/1892 entre « Etienne Pernollet maître d’hôtel et Antoine dit Tonin Coiffet entrepreneur de camionnage ».

C’est en 1884 que le tronçon Belley/Pressins est terminé. Première gare rencontrée : Brens/Virignin qui dessert ces deux villages, le canton de Yenne et également le fort de Pierre-Châtel où est cantonnée la troupe.

Après Brens, se trouvent la gare de Peyrieu et, à la sortie du village, ce rendez-vous des chasseurs qui était la station de pompage du P.L.M.
Une machine à vapeur fixe animait la pompe qui remplissait le château d’eau situé près de la voie ferrée. Les locomotives à vapeur consommaient beaucoup d’eau.

A Brégnier-Cordon (hameau de La Bruyère) il y a deux gares : la gare P.L.M. et la gare de la Compagnie des chemins de fer du Haut-Rhône qui exploite depuis 1911, entre Sault-Brénaz et Brégnier-Cordon, la ligne à voie métrique de 35Km.
La différence d’écartement des voies obligent à un transfert des marchandises ce qui explique la présence de deux gares.

En 1940, l’armée française détruit les deux ponts de Cordon (route et voie ferrée) pour stopper l’avance allemande.
Le pont du chemin de fer ne sera jamais reconstruit. La gare de Brégnier sera ouverte jusqu’en 1981 puis les rails et les traverses seront déposées, de ce village jusque dans la plaine de Peyrieu, pour permettre le tracé d’un chemin de randonnée.
A ce jour seuls les trains de céréales circulent de Peyrieu à Virieu-le-Grand.

jeudi 27 juillet 2017

Belley : vues insolites de la cathédrale


Arcs-boutants et pinacles mais, singularité de cette façade nord-est : la tour est trouée de meurtrières qui éclairent l’escalier qui conduit au triforium (galerie intérieure périphérique située à hauteur du grand orgue).

Raison d’être des arcs-boutants et contreforts qui assure l’équilibre des voûtes sur croisée d’ogives montées sur les piliers.

Meuble qui tapisse la sacristie reconstruite en 1859

Cet escalier à vis, en pierre, monte dans le clocher vers la plate forme où se trouvent les grandes orgues. Les fondations creusées en 1835, profondes de 6 m. afin de traverser les couches de glaise plus ou moins mouvantes. Elles mirent à jour les restes d’un ancien cimetière.

Dans son plus grand axe la cathédrale mesure 78,40 m. et 32,10 m. au niveau du transept dans sa plus grande largeur, la hauteur sous voûte est de 16 m. Les plus gros piliers ont 2,50 m. à la base.

Voûtes en arc brisé de style ogival peintes de ciels bleus agrémentés d’étoiles. Cette décoration datée de 1875 a été réalisée par le peintre Marinelli. La balustrade ajourée du triforium fait place à un muret plein à la sortie des transepts.Au fond l’orgue d’Aristide Cavaillé-Coll, inauguré en 1860, n’a été transporté qu’en 1875 sur la tribune où il se trouve actuellement.

Sous les rosaces du transept « Capitulum ecclessia Bellicensis » armes du chapitre cathédral représentant une main bénissant rappelant ainsi la possession de la relique des os d’une main de Saint Jean-Baptiste. Ce motif se retrouve sur les méreaux (jetons de présence des chanoines).

Un escalier de bois pour accéder à la plateforme du sommet du clocher.

Clocheton de la tour sommitale composés de statues en pierre au nombre de 24 représentants entre autres des évêques du diocèse de Belley dont Audax premier évêque à l’existence contestée, Bernard de Portes et Ponce du Balmay issus des chartreux, Jean-Pierre Camus écrivain-évêque, Cortois de Quincey le bâtisseur de l’actuel palais épiscopal etc.




dimanche 5 mars 2017

Hector Collet-Meygret : un Bugiste directeur général de la Sûreté Publique sous le second Empire

Le 25 octobre 1816, le médecin principal des armées Guillaume Collet-Meygret, déclare la naissance à La Burbanche de jumeaux, Hector et Hectorine.
Les parents Guillaume et Pierrette sont des notables. La famille Collet, originaire d’Hauteville, s’est enrichie dans le commerce du bois. Côté maternel, Marin Genand devenu seigneur de La Burbanche après avoir acheté le prieuré en 1772, est le père de Pierrette qui vient de donner le jour aux jumeaux.

La prime jeunesse d’Hector se passe sans doute à La Burbanche, puis il se dirige rapidement vers des études de médecine.
En 1842 il épouse sa petite cousine Louise Meygret-Collet et entre dans l’administration préfectorale (Lyon, Béziers, Saint-Etienne avant d’être nommé préfet de l’Aube).
Il hésite entre une carrière parlementaire et une carrière administrative.
A la mort de son père il revient à La Burbanche. Il se fait élire conseiller d’arrondissement et maire mais ses ambitions ne sont pas là.
Il avait su se glisser dans l’entourage du prince-président Louis Napoléon Bonaparte et en 1854 la direction générale de la Sûreté Publique lui est confiée.

Louise, son épouse, a apporté dans sa corbeille de mariage les terres de Cerveyrieu que l’aïeul Guillaume Collet d’Hauteville a achetées lors de la vente des biens nationaux. Cette propriété est détenue, avant la Révolution, par François-Louis de Leysin seigneur de Luyrieux qui émigre à cette époque.
L’histoire, ou la légende, dit que le chevalier de Luyrieux, vers 975, chasse les sarrasins de Fierloz et de Cerveyrieu et reçoit du comte de Genève la seigneurie de Cerveyrieu.
Vers 1850 Hector Collet embellit les lieux. Déplaçant des maisons, faisant dévier le tracé de la voie ferrée afin de ne pas être importuné, il y fait édifier le bâtiment que l’on connaît aujourd’hui.

En 1870 l’Empire s’écroule entraînant Hector Collet-Meygret.
Il se lance dans les affaires avec insuccès.
Directeur de la « Compagnie Financière et Industrielle des Ports, Débarcadère maritime et Terrains de Cadix », il est incarcéré à la Conciergerie pour malversation, puis gracié en 1874.
Il sera alors contraint de vendre Cerveyrieu.

Décédé en 1876 il est inhumé dans le cimetière de La Burbanche dans le carré cédé par la commune en 1853 à Pierrette Genand Veuve Collet-Meygret qui avait fait don du terrain sur lequel est construite la nouvelle église.

Pour plus d’informations consulter à la bibliothèque d’ABIS, l’ouvrage de Jean Laroze « Le Destin tourmenté de Hector Collet-Meygret (1816-1876) », ainsi que « Artemare aux temps anciens » de Louis Berthelon.

Jean-Claude Vallet