mercredi 22 juillet 2015

L'Ecole de la Vieille-Porte à Belley

L'école de la Vieille-Porte (Doc. ABIS, Lelaurain, Puyou)

L’école de la Vieille-Porte (au fond à gauche) promise à la démolition prochainement, était à l’origine le couvent de la Visitation.

Plan du rez-de chaussée du couvent de la congrégation de la Visitation Sainte-Marie, fondée en 1610 par Jeanne Frémiot de Chantal et François de Sales.
L’évêque Jean-Pierre Camus installe l’ordre à Belley dans une propriété contiguë de la porte de l’Arc (haut de l’actuelle Grande-Rue).

Suite à un incendie, les bâtiments actuels ont été érigés entre 1651 et 1657.
L’aile nord, construite sur les murs de la ville, sera achevée en 1709.  

En 1695, les moniales sont autorisées à construire une arche pour se rendre en toute discrétion du monastère dans leur propriété hors les murs et par-dessus le « chemin du cimetière ».
D’où, « la Vieille-Porte », appelée aussi porte Sainte-Marie, mais qui n’a jamais été une porte.
A remarquer, à droite, un gendarme.

Après la Révolution la gendarmerie s’installe dans une partie des locaux.

La gendarmerie est démolie en 1996 pour faire place à un parking.

Plan montrant les modifications successives apportées aux bâtiments.

La sous-préfecture a précédé l’école

En 1881 l’école communale quitte l’ancien palais de justice (maintenant Office de Tourisme) pour le couvent.
Une école maternelle, un cours complémentaire devenue internat…

Un patrimoine qui va disparaitre.

dimanche 28 juin 2015

ABIS visite Rossillon, capitale du Bugey …

ABIS visite Rossillon, siège du baillage entre les 12ème et 13ème siècles.
L'association ABIS en visite à Rossillon

C’est en 1077 que Henri IV empereur d’Allemagne cède Rossillon et notre région à Amé II comte de Maurienne.
Ce sont les prémices du comté de Savoie. Rappelons que Chambéry n’est acheté qu’en 1232 par le comte Thomas.
Magnifique emplacement stratégique qui verrouille la cluse des Hôpitaux route de passage depuis l’antiquité entre la vallée du Rhône et la Suisse.

Le château, bâti sur un piton rocheux, était entouré de vignes il y a une centaine d’années.
Au premier plan, la maison-forte.

Depuis le château : vues sur les voies d’accès à l’est et à l’ouest.

Statue de la Vierge érigée en 1858 en place du donjon détruit par Biron au 16ème siècle.

Le château dominait le village ceint de murailles, l’église, la maison-forte…

Maison-forte de La Forest construite vers 1450 par Jean I La Forest, aujourd’hui habitation privée, très aimablement ouverte pour ABIS par ses propriétaires.

L’église du 14ème remarquable par ses chapelles, ses peintures…

Hôtel Juvanon

Banquet des pompiers du 4 décembre 1903

Tradition bugiste respectée :
Georges Bouvier, le maire de la commune, après avoir brillamment guidé tout au long de la matinée, nous reçoit princièrement dans les locaux communaux



dimanche 17 mai 2015

L'actuel Pont de la Balme

Pont 1


En 1913 un pont en béton armé est construit pour passer le Rhône entre Saint-Blaise hameau de Virignin dans l’Ain et La Balme, commune savoyarde: une arche de 97 mètres, une prouesse technologique pour l’époque.

Pont 2


Le 21 juin 1940, en fin d’après-midi, les derniers soldats français, reculant devant l’armée allemande, franchissent le pont de La Balme. Dans la nuit du 21 au 22 la 10e compagnie du capitaine Pelletat fait sauter le pont qui s’engloutit en quasi-totalité dans le Rhône.

Pont 3


Dès l’année 1940 un projet de reconstruction voit le jour plusieurs centaines de mètres en amont du pont détruit. L’ouvrage sera en pierre afin d’économiser ciment et armatures en fer matériaux rares en cette période de guerre. Les pierres seront extraites de la carrière du Rocheret située au sommet de la montagne de Parves sur la commune de Nattages.

Les pierres taillées seront posées sur un cintre (échafaudage en sapin), s’appuyant l’une contre l’autre formant voûte jusqu’à la dernière (clé de voûte) alors le cintre pourra alors être enlevé.

La portée sera de 64 mètres.

Le pont actuel du à l’architecte V. Bollard réalisé par l’entreprise Bollard de Paris.

Nous avons largement emprunté à la documentation de feu Lucien Lagier-Bruno ingénieur T.P.E. fort connu pour ses travaux historiques sur le Petit Bugey.

Jean-Claude Vallet

lundi 6 avril 2015

Maurice Renard

Maurice Renard, 1875-1939, Le Péril Bleu, 1912, Taillandier, (Scientifique merveilleux).


L’écriture est très typée fin XIXe siècle et le roman souffre de longueurs, mais il a une part de génie, surtout dans la deuxième partie.

C’est un conte philosophique situé autour du Grand Colombier.


Des êtres invisibles enlèvent, pour les collectionner, des objets, des végétaux, des animaux, des gens, que dis-je, des gens !, des Bugistes l’élite de l’humanité.

Les autochtones qui n’ont jamais entendu parler d’« extraterrestres » attribuent ces disparitions à des « sarvants », inconnus de Google, mais très présents dans le Jura et les Alpes.


Ils collectionnent et dissèquent, histoire de comprendre ce qu’ils découvrent et balancent du haut de leur vaisseau spatial des corps mutilés.

C’est horrible et la population vit dans la terreur.

Comprenant rapidement que leur recherche est monstrueuse les prétendus sarvants, plus vifs d’esprit que les hommes, renoncent à leur entreprise et s’échouent lamentablement. Ce qui permet à un savant astucieux de démontrer que les « sarvants » sont en fait de minuscules araignées agglomérées de façon à simuler des formes humaines.

Le lecteur bugiste sera particulièrement sensible à l’évocation du cadre (Ameyzieu, Artemare, Talissieu…).
Maison de Maurice Renard à Talissieu
Cette lecture fut, pour moi, l’occasion de me souvenir que dans les années 50 le muséum d’histoire naturelle de Grenoble exposait, côte à côte, le squelette d’un singe et celui d’une femme africaine tués par la même chasse.

Jean-Michel Ferber


Maurice Renard est né à Châlons-en-Champagne le 28 février 1875 et décédé à Rochefort le 18 novembre 1939. En 1903 il épouse Stéphanie La Bâtie ce qui explique qu’il vécut à Ameyzieu.



« Le péril bleu » a été adapté pour la télévision par Jean-Christophe Averty.

Son premier roman « Le docteur Lerne (sous-dieu) » est dédié à H.G. Wells.Les deux ouvrages sont consultables à la bibliothèque ABIS.

Lire : « Maurice Renard et le Bugey : Le péril bleu » revue Le Bugey n°88, 2001, Philippe Koeppel.





Château de la famille La Batie, belle-famille de Maurice Renard, où il séjourna. Château où avait été accueilli, au XVIIIe siècle, Joseph de Maistre l’historien, écrivain, membre du Souverain Sénat de Savoie.

samedi 21 mars 2015

Les thermes antiques de Belley

Les thermes antiques de Belley

En 2009, route des Ecassaz, l’INRAP a fouillé un établissement thermal constitué de deux bâtiments accolés, édifiés au IIe siècle, en activité jusqu’au IVe siècle.
Plan d’ensemble légendé selon l’ordre de circulation des baigneurs :



Apodytérium = vestiaire

Laconinum = étuve sèche

Caldarium = bain chaud

Tepidarium = salle tiède

Frigidarium = bain froid

Praefurnium = four

Culina = cuisine.



La chaleur venue du four circule sous le sol et dans des « tubuli » encastrés dans les murs.

Laconinum. Thermes Nord.
Plan des thermes Nord, 780 m, les plus anciens.
Mode de construction soigné.
Plan des thermes Sud, 285 m. Deux établissements peut-être pour respecter la séparation des sexes ordonnée par Hadrien.
Matériaux : abandonnés, les thermes ont servi de carrière. Quelques éléments rappellent la richesse de l’établissement (vitres, porphyre de Grèce, marbre des Pyrénées, calcaire de Côte-d’Or, marbre rose de Crapéou).
Voir article dans la revue Le Bugey n° 97. 2010.














Le rapport complet (2 volumes)des fouilles de l’INRAP est dans la bibliothèque d’ABIS et consultable par le public.



Jean-Michel Ferber





samedi 7 février 2015

L’église prieurale de La Burbanche

Le village de La Burbanche est situé dans la cluse des Hôpitaux sur la grande voie de circulation, route et chemin de fer, d’Ambérieu-en-Bugey à Culoz. C’était déjà le tracé de la voie romaine Lugdunum(Lyon) à Condate (port au confluent du Fier et du Rhône) près de Seyssel.


En 1037 douze gentilshommes du Bugey font don d’une terre située à La Burbanche en faveur des moines de Savigny et signent en présence d’Aymon évêque de Belley et du comte de Savoie.

Les sceaux de Vuldric Thurembert…en présence de l’évêque Aymon et devant le seigneur comte Humbert et son fils Amédée…Ils firent don de toute la terre qui jouxte ce lieudit Wuilbaenchies (La Burbanche) ».

Extrait du cartulaire de l’abbaye de Savigny (abbaye de l’ouest lyonnais).


Carte établie vers 1800 à partir des documents moyenâgeux.
Les bornes originelles, limites des possessions des moines de Savigny (dans les cadres rouges), seraient de nos jours encore présentes.




Et c’est ici que les moines construisent un prieuré en un lieu pas vraiment défini mais on peut raisonnablement penser que l’ancienne église en était un vestige.


Vue des chapelles latérales, l’entrée de l’église était au niveau de la personne sur la photo, le chœur s’étendait jusqu’aux monuments funéraires du fond, une sacristie jouxtait la chapelle de droite.




C’est à la demande du curé Pomet que le plan de l’ancienne église, 
dont il ne reste que les deux chapelles, a été dressé : 
Modeste église sans clocher mais surmontée d’un campanier avec une cloche sans doute couverte de chaume, humide, vétuste elle présente un danger pour les fidèles ce qui conduit à sa démolition par décision du conseil municipal du 28 décembre 1852. 














Chapelle de Saint-Jean dite de Mme Collet.

Celle-ci avait donné le terrain sur lequel est construite l’église actuelle en échange de la propriété de cette chapelle.
Mme Collet est descendante de Marin Genin qui, en 1772, avait acheté La Burbanche, partie démembrée du comté de Rossillon, à Barral de Montferra et Pierrette Parraz d’Andert.

Chapelle sous le vocable de « l’assomption de la très sainte Vierge Marie » dite aussi chapelle de La Forest du nom des anciens châtelains de Rossillon.

C’est l’examen de cette construction qui laisse supposer que l’on pourrait se trouver sur l’emplacement du prieuré de l’an mil.









Vue du cimetière entourant les chapelles de La Burbanche.


Ce cadre bucolique peut être le point de départ pour des promenades pédestres vers le hameau du Fays ou la source du Furans ou la forêt de Combe Noire.














Jean-Claude Vallet