dimanche 30 août 2015

Joséphin Soulary poète oublié, lyonnais et bugiste

Joseph Marie Soulary dit Joséphin Soulary (1815 – 1891), d’origine italienne, père génois, est né à Lyon.
Elevé à Rossillon, engagé enfant de troupe au 48e de ligne, chef de division à la préfecture du Rhône puis bibliothécaire, il partagea son temps entre Lyon et le Bugey (La Burbanche).

Sonnettiste prolixe, le talent de Soulary fut apprécié par ses contemporains.
Une comédie ("Un grand homme qu’on attend"), sonnets, odes, etc. : ses œuvres, rassemblées en trois volumes par l’éditeur Alphonse Lemerre, n’ont pas été rééditées et sont, aujourd’hui, introuvables si ce n’est dans quelques bibliothèques, dont le recueil ci-dessus chez ABIS.

Ses œuvres laissent percevoir un fond de tristesse résultant sans doute de son enfance malheureuse.
Humour et tristesse se marient finement pour donner cet humour mélancolique qui imprègne nombre de ces poèmes.

En Bugey, Soulary fréquentait les écrivains et les peintres attirés par la cluse de Rossillon : Vingtrinier, Appian, Ravier… et Bidauld, peintre et maire de Rossillon dont la toile ci-dessus orne la mairie de Belley.

Poète reconnu et célébré de son vivant, Baudelaire et Sainte-Beuve lui ont consacrés des pages élogieuses.
La rue de Lyon où il habita porte son nom, son portrait est gravé sur sa maison.

Jean-Claude Vallet

dimanche 16 août 2015

Saint-Blaise de Pierre-Châtel


Le hameau de Saint Blaise vers 1900
Les tunnels routiers ne sont pas creusés. Le Rhône se franchit sur le pont de béton armé détruit en 1940.
Ce hameau était autrefois très peuplé avec douaniers (frontière franco-sarde), fustiers (charpentiers de bateaux), mariniers (port de St-Blaise) d’où, sans doute, la construction d’une église, peut-être sur des vestiges gallo-romains.

Le Rhône n’est pas encore canalisé. Il se franchit par un bac reliant La Balme à Saint-Blaise qui est le port de Belley et du Valromey.
Les villages desservis par l’église de Saint-Blaise sont pointés rouge.
Carte de Cassini du XVIIIe siècle.

Le bâtiment, autrefois
De nos jours, avant les travaux en cours
L’église de Saint-Blaise desservait :
  • En Savoie : La Balme
  • En Bugey : Virignin et ses hameaux (Les Champagnes, Furans, Champtel, Chantemerle et le Colombier). Ces 4 derniers rattachés à Brens en 1845, amputant Virignin qui reçut alors, en compensation, Montarfier pris à Belley à qui fut attribuée la forêt de Rothonne.

  • Côté Nord de l'église
    Contigu à celle-ci : un cimetière où Guichenon signale un ancien tombeau daté du IIe ou IIIe siècle avec, pour épitaphe : « Marcus Marvinius… ».
    A l’intérieur, une mosaïque gallo-romaine, sans doute un remploi dont l’origine n’est pas connue. Mosaïque aujourd’hui disparue.
    Chapelle du rosaire attenante à l’église : clé de voûte et peintures murales.

    L'intérieur était pavé de pierres tombales de la paroisses, datant du XVIIIe siècle.


    Après une quarantaine d’années de discussions, la Municipalité décide de vendre Saint-Blaise, mise à prix 1200 francs, et de construire une nouvelle église au centre du village qui desservira les deux communes de Virignin et de Brens, qui était autrefois une annexe de la paroisse de Belley.
    La bénédiction de la nouvelle église (coût : 13755 francs) eu lieu le 13 mai 1855

    Bannière de procession.
    Saint Blaise, évêque de Sébaste en Arménie, martyrisé vers 316.
    Jean-Claude Vallet

    dimanche 9 août 2015

    Les ponts du Bugey en 1940

    En juin 1940, pour retarder la marche des armées allemandes, les artificiers français détruisent les ponts sur le haut-Rhône.

    Le pont de Lucey


    On décide la construction du pont de Lucey en 1936.
    Il est ouvert à la circulation en 1938.

    Deux ans plus tard, le 20 juin 1940, il est détruit par l’armée française.

    Le pont est reconstruit et rouvert en 1942

    Le pont de La Balme


    En 1913, on bâtit un pont en béton armée pour remplacer celui de 1837

    Construction audacieuse pour l’époque, avec son arche unique de 95 mètres. 
     Il est mis en service en 1914

    Détruit en en juin 1940, il est remplacé en 1946 par un nouveau pont, toujours en service.

    Maquette du dernier pont de La Balme

    Les ponts de Cordon


    Le pont de Cordon est mis en service en janvier 1840.
    La pile centrale en forme de donjon sert de poste de douane.
    A coté, le pont de chemin de fer, sur la ligne St André le Gaz-Belley, ouvert en 1884

    Les deux ponts sont détruits en juin 1940

    Le nouveau pont routier ouvert en 1948, celui du chemin de fer n’a pas été reconstruit

    Le pont d'Evieu


    Mis en service en 1888, il disparaît en 1940

    Le nouveau pont inauguré en janvier 1950

    Le pont de Groslée


    Inauguré en grandes pompes en août 1913, il échappe à la guerre.
    Il sert de passage aux troupes allemandes qui occupent Groslée en juin 1940




    Christian Perrais

    mercredi 22 juillet 2015

    L'Ecole de la Vieille-Porte à Belley

    L'école de la Vieille-Porte (Doc. ABIS, Lelaurain, Puyou)

    L’école de la Vieille-Porte (au fond à gauche) promise à la démolition prochainement, était à l’origine le couvent de la Visitation.

    Plan du rez-de chaussée du couvent de la congrégation de la Visitation Sainte-Marie, fondée en 1610 par Jeanne Frémiot de Chantal et François de Sales.
    L’évêque Jean-Pierre Camus installe l’ordre à Belley dans une propriété contiguë de la porte de l’Arc (haut de l’actuelle Grande-Rue).

    Suite à un incendie, les bâtiments actuels ont été érigés entre 1651 et 1657.
    L’aile nord, construite sur les murs de la ville, sera achevée en 1709.  

    En 1695, les moniales sont autorisées à construire une arche pour se rendre en toute discrétion du monastère dans leur propriété hors les murs et par-dessus le « chemin du cimetière ».
    D’où, « la Vieille-Porte », appelée aussi porte Sainte-Marie, mais qui n’a jamais été une porte.
    A remarquer, à droite, un gendarme.

    Après la Révolution la gendarmerie s’installe dans une partie des locaux.

    La gendarmerie est démolie en 1996 pour faire place à un parking.

    Plan montrant les modifications successives apportées aux bâtiments.

    La sous-préfecture a précédé l’école

    En 1881 l’école communale quitte l’ancien palais de justice (maintenant Office de Tourisme) pour le couvent.
    Une école maternelle, un cours complémentaire devenue internat…

    Un patrimoine qui va disparaitre.

    dimanche 28 juin 2015

    ABIS visite Rossillon, capitale du Bugey …

    ABIS visite Rossillon, siège du baillage entre les 12ème et 13ème siècles.
    L'association ABIS en visite à Rossillon

    C’est en 1077 que Henri IV empereur d’Allemagne cède Rossillon et notre région à Amé II comte de Maurienne.
    Ce sont les prémices du comté de Savoie. Rappelons que Chambéry n’est acheté qu’en 1232 par le comte Thomas.
    Magnifique emplacement stratégique qui verrouille la cluse des Hôpitaux route de passage depuis l’antiquité entre la vallée du Rhône et la Suisse.

    Le château, bâti sur un piton rocheux, était entouré de vignes il y a une centaine d’années.
    Au premier plan, la maison-forte.

    Depuis le château : vues sur les voies d’accès à l’est et à l’ouest.

    Statue de la Vierge érigée en 1858 en place du donjon détruit par Biron au 16ème siècle.

    Le château dominait le village ceint de murailles, l’église, la maison-forte…

    Maison-forte de La Forest construite vers 1450 par Jean I La Forest, aujourd’hui habitation privée, très aimablement ouverte pour ABIS par ses propriétaires.

    L’église du 14ème remarquable par ses chapelles, ses peintures…

    Hôtel Juvanon

    Banquet des pompiers du 4 décembre 1903

    Tradition bugiste respectée :
    Georges Bouvier, le maire de la commune, après avoir brillamment guidé tout au long de la matinée, nous reçoit princièrement dans les locaux communaux